Je suis une autrice qui explore les formes, traverse les genres, et laisse mon écriture évoluer au fil des axes que j’ incarne.
J’ai commencé par la poésie à l’adolescence, à une époque où les mots apparaissaient déjà comme un lieu de passage, plus que comme un simple moyen d’expression. Cette première relation à l’écriture ne s’est pas construite dans une logique éditoriale, mais dans une nécessité intime, qui m’a menée à être reconnue très tôt, notamment à travers plusieurs prix interscolaires au niveau national au Portugal, où j’ai vécu de nombreuses années.
Ce rapport à la langue n’a jamais disparu. Que ce soit en français, en portugais ou en anglais, ces trois langues que je pratique de façon quotidienne.
Il s’est cependant transformé, déplacé, structuré autrement à travers les années, notamment dans mes ouvrages plus construits, plus accessibles, plus lisibles dans leur forme. Mais quelque chose est resté en arrière-plan, intact, libre et sauvage.
Aujourd’hui, cette écriture revient au plan public, car je n’ai jamais attêté d’écrire de la prose poétique existentielle ou de la poésie.Je dirais qu’il ne s’agit pas d’ un retour en arrière, mais une maturation. Une forme qui ne cherche plus à entrer dans un cadre existant docile, mais qui assume pleinement ce qu’elle est devenue : une écriture qui fusionne poésie, prose et vie.
C’est ce que l’on peut nommer, avec justesse, la prose poétique existentielle.
Une écriture qui ne se laisse pas enfermer
La prose poétique existentielle est une forme d’écriture ne s’inscrit pas dans une catégorie classique.
Elle ne relève pas du roman, même si elle touche à l’intime. Elle ne relève pas de l’essai, même si elle pense.
Elle ne relève pas de la poésie pure, même si elle en porte le souffle. Elle circule entre ces espaces, sans chercher à s’y fixer.
Ce qui s’écrit ici ne part pas d’une volonté de raconter une histoire, ni d’expliquer une idée. Les textes apparaissent là où une expérience ne peut plus rester silencieuse, mais ne peut pas non plus être traduite dans une forme linéaire sans perdre sa densité.
Ils se posent comme ils viennent. Par fragments.
La forme fragmentaire et oraculaire comme nécessité
Dans ces recueils, rien n’est construit pour apprendre quelque chose. Ou guider.
Il n’y a pas de progression à suivre, pas de continuité imposée. Chaque texte tient seul, dans sa justesse, sans dépendre de celui qui le précède ou de celui qui le suit. Mais si la lectrice/ le lecteur ouvre son champs énergétique, il pourra relier les points et créer les interconnexion.
La prose poétique existentielle n’est pas un choix esthétique. Elle est souvent présentée de cette façon en langue anglaise.
Pour moi, elle est la seule manière de rester fidèle à ce qui se vit réellement, de façon différente d’un roman ou d’une nouvelle. Parce que ce qui traverse une vie ne se déroule pas de manière propre, ni logique, ni progressive. Il y a des bascules, des retours, des zones floues, des endroits qui ne se résolvent pas immédiatement.
Ce type d’écriture respecte cela. Elle ne cherche pas à organiser. Elle ne cherche pas à rendre cohérent.
Elle ne cherche pas à expliquer après coup. Elle ne charche pas à apprendre quelque chose.
Elle permet d’explorer le monde extérieur ou le monde intérieur. Elle permet d’ouvrir le champs de vision, elle permet de faire bouger l’axe intérieur, de révéler d’autres angles de perception; de générer des prises de conscience. De prendre des décisions qui oeuvrent pour le plus grand bien de soi et du monde.
Pourquoi écrire de la prose poétique existentielle
Revenir à cette forme d’écriture, aujourd’hui, n’est pas anodin.
Après avoir écrit des livres structurés, posés, accessibles, il aurait été possible de continuer dans cette voie. D’approfondir, de clarifier encore, de répondre davantage aux attentes du monde de l’édition qui garde un axe très « commercial » dans un système noyé de manuscrits.
Mais certains textes ne peuvent pas exister dans ce cadre-là.
Ils demandent une autre exigence. Une autre liberté. Une autre honnêteté aussi.
La prose poétique existentielle permet de ne pas réduire l’expérience pour la rendre lisible. Elle permet de ne pas traduire immédiatement ce qui demande encore à être traversé. Elle permet de ne pas transformer chaque ressenti en compréhension. Elle permet d’explorer des thématiques, situations, expériences beaucoup plus intimes, profondes et non conventionnelles sans devoir rester » vendable ».
Elle se permet de laisser les choses dans leur tension sans vouloir les dénaturer.
Ce qu’ ouvre la prose poétique existentielle chez celles qui lisent
Les recueils de prose existentielle et poétique que j’écris viennent poser une lecture précise du monde, de situations, de postures, de thématiques universelles et profondément spirituelles. Et parfois mystiques.
Ils proposent une lecture précise, souvent là où quelque chose restait encore diffus, difficile à saisir, ou impossible à formuler seule. Il ne s’agit pas d’apporter une réponse extérieure, mais de mettre des mots à un endroit déjà présent, mais encore instable.
Ce que ces textes permettent, c’est une exploration, une reconnaissance, des ressentis qui se clarifient, des perceptions qui se redressent, des situations qui tout à coup deviennent lisibles autrement.
Il arrive qu’un fragment mette en lumière quelque chose que la lectrice pressentait depuis longtemps sans parvenir à le stabiliser. Non pas par manque de lucidité, mais parce que certaines zones demandent une précision de langage particulière pour apparaître clairement.
Lorsque cette précision est là, le flou se réduit. Et avec lui, la manière de vivre la situation change.
Ce changement ne passe pas par une explication, ni par une consigne à suivre. Il passe par une reconnaissance. Une phrase qui tombe juste, et qui ne laisse plus la place à l’interprétation floue.
Dans certains cas, cela crée un arrêt net. Une prise de recul immédiate. Une décision qui devient évidente.Dans d’autres, le mouvement est plus progressif.
Un texte reste en mémoire. Il revient dans une situation du quotidien, modifie légèrement une réaction, une manière de percevoir, une façon de répondre. Et cette modification, même discrète, suffit à ne plus reproduire exactement la même dynamique.
C’est là que ces recueils trouvent leur place. Ils viennent affiner la lecture. Et lorsque la lecture devient juste, ce qui est vécu cesse d’être subi. La souveraineté se repositionne, la posture change, l’axe intérieur se repositionne.
Les recueils de prose poétique existentielle
J’ai écrit deux recueils de prose poétique et existentielle.
Murmures de Sorcières et Fragments de l’Entre-Deux en sont les deux premières expressions visibles.
Ils ne racontent pas la même chose. Ils ne traversent pas les mêmes zones. Ils n’ouvrent pas les mêmes espaces. Et pourtant, ils se tiennent sur le même axe.
Murmures de Sorcières travaille une matière plus brute, plus instinctive, plus oraculaire et souveraine: là où la parole surgit, parfois sans filtre, dans des zones où le féminin, le pouvoir, la mémoire, le transgénérationnel et la lucidité se frottent les uns aux autres.
Il est à découvrir plus amplement ICI
Fragments de l’Entre-Deux se situe ailleurs. Dans un espace plus suspendu, plus liminal, où la perception se transforme, où ce qui est vécu ne peut pas encore être nommé complètement, mais cherche malgré tout à être posé.
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Ces deux recueils ne se lisent pas de la même manière. Mais ils sont tous les deux destinés aux femmes qui ont déjà cheminé, qui sont ouvertes au féminin sacré, aux cycles du vivant, aux capacités et au mysticisme aussi.


